Aide - Recherche - Membres - Calendrier
Version complète : Revisitons l'histoire de l'absinthe à l'occasion du 16 mars 2015
Forum du Musée Virtuel de l'Absinthe > LE MONDE DE L'ABSINTHE > La tribune de Benoît Noël
Xmas
Revisitons l’histoire de l’absinthe à l’occasion du 16 mars 2015
© Benoît NOËL


Je n’ai pas tellement envie de commémorer l’interdiction française de l’absinthe par la sempiternelle et convenue litanie des griefs ayant mené à son interdiction, le 16 mars 1915. Je les ai détaillés en plusieurs occasions et tout récemment encore dans la tribune libre de ce site intitulée : L’absinthe contre le pinard et la gnôle, l’alcool contre l’alcool, l’éther contre l’éther, le souffle contre le souffle ou l’enfer sous terre des poilus... Il me semble plus riche d’enseignements de revenir sur quelques jalons encore méconnus de l’histoire de cet alcool qui déchaîna tant de passions et notamment sur certaines modifications pionnières ou premières apparitions de l'absinthe dans un domaine donné. Qu’on me pardonne la chronologie suivante un peu scolaire, mais je la crois toujours indispensable pour appréhender valablement les enjeux de ce débat, de ces débats persistant après la relégalisation française de 2011, ce qui ne signifie visiblement pas la réhabilitation de cet alcool dans l’inconscient collectif. Certes, je me réjouis d’avoir contribué à reconsidérer l’histoire de l’absinthe en présentant en perspectives historiques claires et synthétiques des éléments connus et inconnus de cette geste mais cette étape n’est pas achevée tant résistent de préjugés et d'idées toutes faites ou erronées. Au demeurant, certaines des dates ici proposées mettent en lumière ces reproches tôt adressés à la "Fée verte". Enfin, cette liste n’a aucune prétention à l’exhaustivité et se contente de poser posément des repères que d’aucuns ne manqueront pas d’utilement compléter...



1797 : La Suissesse Suzanne-Marguerite Henriod, voisine du docteur Pierre Ordinaire, à Couvet (Val-de-Travers) distille un « extrait d'absynthe », apéritif qu’elle sert allongé de vin blanc de Neuchâtel.

1817 : Henri Braconnot, directeur du Jardin botanique de Nancy, isole l'absinthine, principe actif, résinoïde, fébrifuge et tonique de l'essence d'absinthe qui lui doit son amertume.

1820 : Louis-François Raban évoque les premiers buveurs d'absinthe de la littérature dans son roman : Quatre titres pour un (Paris, Locard et Davi). La scène prend place au Café Lemblin (dit aussi Lamblin) du Palais Royal. On y lit que la « liqueur d’absynthe » a la « propriété d’ouvrir l’appétit »…

1825 : Le Journal de Chimie médicale, de Pharmacie et de Toxicologie enseigne : « M. Derheims, pharmacien à Saint-Omer (Pas-de-Calais), nous adresse une observation relative à un empoisonnement causé par une liqueur colorée par le sulfate de cuivre. Cette liqueur était celle connue sous le nom d’Absinthe suisse ». Contentons-nous d’observer que la locution : « Absinthe suisse » est une référence qualitative ne prouvant pas que le flacon et son liquide aient été produits en terre helvète…

1825 : Le 9 février 1825, Charles X, Roi de France et de Navarre signe au château des Tuileries l’ordonnance N°540 relative à la classification des « établissements dangereux, insalubres ou incommodes » et dont la sécurité sera suivie attentivement par le ministre au département de l’intérieur : Les fabriques de toile cirée ; les fabriques d’urate [lisez, de « traitement de l’urine »] ; les dépôts de matière provenant de la vidange des latrines ou des animaux, et destinés à servir d’engrais […] ; les fabriques de dégras ou huile épaisse à l’usage des tanneurs ; […] les fabriques de colle de peau de lapin ; […] ; les distilleries d’extrait d’absinthe »...

1832 : Gérard de Nerval signe avec La Main de gloire (Histoire macaronique), la première nouvelle citant l’absinthe (« boire cette absinthe sans grimace ») (parue dans le Cabinet de Lecture).

1834 : Le compendium de M. Lebeaud : Manuel complet, théorique et pratique du distillateur-liquoriste (Librairie Encyclopédique de Roret) est le premier à faire une vraie place à la distillation de l’absinthe.

1835 : Les Archives municipales de Pontarlier conservent cette lettre un peu laconique du Procureur de Louis Philippe près le Tribunal de Pontarlier au maire de la ville : « Le 29 mai 1835. Monsieur, je vous prie de vouloir bien me faire passer une copie de l’arrêté de M. le Préfet qui prévoit des mesures de sûreté aux distilleries d’absinthe. Je crois qu’il est à la date du 20 septembre 1834. Recevez Monsieur le Maire, le témoignage de ma considération très distinguée »…

1835 : En 1835 encore et en dépit de L’Encyclopédie Roret, le Dictionnaire de l'Académie Française élude la question de la distillation : « ABSINTHE : subst. f. Plante à fleurs composées qui est très amère et aromatique. « Cela est plus amer que l'absinthe ». Vin, teinture d'absinthe. Il se dit aussi d'une liqueur de table qu'on prépare en faisant infuser des feuilles d'absinthe dans de l'eau-de-vie. Prendre un verre d'absinthe ».

1837 : Décès du poète Hégésippe Moreau, le premier bohème réputé être décédé précocement par suite d’abus du « lichen vert ».

1838 : Alfred de Musset dans son poème À Ulrich Guttinguer, se justifie auprès de son ami suisse qui l’a morigéné sur son penchant pour la Fée des feintes : « Jugez combien l'ivresse est sainte, / Puisque, avec deux verres d'absinthe, / On peut doubler le firmament »...

1842 : « L’absinthe suisse » apparaît dans les célèbres Mystères de Paris d’Eugène Sue, roman publié dans Le Journal des Débats entre le 19 juin 1842 et le 15 octobre 1843.

1844 : Honoré de Balzac met en scène les seconds buveurs d'absinthe de la littérature romanesque dans : Un début dans la vie - Scènes de la vie privée paru en feuilleton dans la revue la Législature et sous le titre : Le danger des mystifications.

1847 : Le poète romantique Antoni Deschamp dresse un premier réquisitoire contre la bleue : Adversus absynthium.

1847 : À une époque où les cuillères ne sont encore que des ustensiles de dilution en vue d’un mélange optimal de l’absinthe et de l’eau, et durant laquelle il ne vient à l’idée de personne de sucrer son absinthe hors le sirop de gomme (l’usage de pains de sucre et de leurs fameuses pinces se retrouve peu dans les textes et l'iconographie), un inventeur audacieux propose néanmoins un « Verse-eau pour amateurs d’absynthe » (encart publicitaire du journal Le Charivari).

1850 : De retour des colonies, les militaires lancent la mode de l'absinthe à la terrasse des cafés des grands boulevards parisiens.

1853 : Un second inventeur commercialise le Trouble-absinthe : Turbabsine via une belle affiche. Par la suite des dessins humoristiques de Mars (1876) et de Sahib (1881) figureront d’autre brouille-absinthe à des époques où les cuillères ou pelles ajourées sont encore dans les limbes. Voir ma chronique : Les quatre rites de dégustation de l’absinthe sur le site : L’heure verte.

1857 : Première charge théâtrale contre l'absinthe : Fou par amour, un vaudeville signé Anicet Bourgeois et Philippe Dennery. C’est l'histoire de Maurice, musicien abusivement jaloux de la belle Henriette. S’estimant bafoué, il noie son chagrin dans l'absinthe supposée consolatrice. Hélas, la fée aux yeux glauques devient vite pour lui ce qu'est le haschisch pour certains orientaux et les visions procurées par les trop nombreux perroquets sont sources de bien des quiproquos...

1858 : Une série d’articles d’Aurélien Scholl parus dans le journal Le Figaroa pour titre L'Heure de l'Absinthe laquelle s’est généralisée entre cinq et sept heures sur les grands boulevards parisiens : « Il est, dans la journée, une heure bénie entre toutes les heures, une heure où chacun se repose, où les propos de la ville s'échangent, où l'anecdote circule, où les affaires s'oublient, où la misère s'envole. Cette heure charmante de récréation générale, c'est l'heure de l'absinthe ».

1859 : Les campagnes victorieuses d’Italie, d’Algérie et de Crimée ont rendu le militaire populaire et le bourgeois s’empresse d’imiter les galonnés des cafés qui réclament de la verdala à cor et à cri.

1859 : Auguste Motet soutient la première thèse de Médecine consacrée à l’étude si ce n’est de l’absinthe, à tout le moins de « l’absinthisme » : Considérations générales sur l’alcoolisme et plus particulièrement des effets toxiques produits sur l’homme par la liqueur d’absinthe.

1860 : Les premiers buveurs d'absinthe apparaissent en peinture dans Les Fumeurs d'Honoré Daumier (huile sur bois, Fondation E.G. Bürhle – Zürich).

1860 : Henri Balesta signe avec : Absinthe et absintheurs (Charles Marpon) le premier essai qui soit une charge anti-absinthe. Alfred d'Aunay lui emboîte le pas avec : Bouis-bouis, bastringues et caboulots de Paris (P. Tralin, 1861).

1861 : Edmond et Jules de Goncourt sont les premiers romanciers à essayer de décrire les effets de l’abus d’absinthe dans leur roman Sœur Philomène (Bourdillat).

1861 : Dès 1861, Louis Lemercier de Neuville met en scène la rivalité du cidre « L’Ambrette » et de « L’Absinthe » dans Les tourniquets, revue satirique du Théâtre Parisien du Figaro.

1862 : Le dessinateur Émile Bénassit donne au journal Le Boulevard, un des tous premiers dessins humoristiques relatifs au Fluide verdoyant : La Fontaine de L’Absinthe lequel dessin accompagne le poème : L’Absinthe de Charles Coligny.

1863 : Formidables dessins d’Honoré Daumier brocardant l’absinthe dans les journaux.

1863 : Paul-Henri de Kock (fils) livre le roman à charge : Les Buveurs d'Absinthe (P.L de Potter). Cependant, moraliste au petit pied, Paul de Kock n’ose la dramatisation et son œuvre tombe à plat.

1863 : Le professeur Apollinaire Bouchardat et le pasteur Henri Junod tournent, dans le Canton de Neuchâtel, une conférence édifiante puis éditent le libelle : L’eau-de-vie - Ses dangers (Germer & Baillière). Observons que le pasteur H. Junod fait partie de la branche des Junod de Lignières à la différence des Junod de Pontarlier, originaires de Travers. Marié à une Marie Dubied, il officiait à Saint-Martin-Chézard (Val-de-Ruz - Canton de Neuchâtel).

1864 : Avec leur roman Germinie Lacerteux, Edmond et Jules de Goncourt posent les prolégomènes de L'Assommoir d’Émile Zola qui paraîtra en 1876. Germinie, domestique alcoolique est la grande sœur de Gervaise.

1864 : Le professeur Louis Marcé procède aux premières expérimentations animales. Il injecte de l'absinthe pure à des cobayes !

1866 : Dans le journal la Vie populaire, Alexandre Pothey crée avec sa nouvelle cocasse : Le Capitaine Régnier, le type du militaire absinthé.

1866 : Félicien Rops fait ses premiers dessins de la Buveuse d'Absinthe au Bal Bullier de Montparnasse. Marie Joliet, dite Moustique, le hantera sa vie durant et il n’aura de cesse de reprendre ce sujet en gravures colorées. Marie est à la lettre, une « déclassée » (une laissée pour compte) de la révolution industrielle.

1867 : Trois pétitionnaires réclament au Sénat la suppression pure et simple de l’absinthe. Le baron Charles Dupin demande le renvoi de leurs lettres au gouvernement et déclare qu’il ne la juge pas nuisible consommée modérément.

1869 : Avec son poème, L’Heure verte, Charles Cros célèbre l’absinthe sans pointe d’amertume.

1869 : Le « Père L’Absinthe », vieux flic revenu de tout est un comparse attachant du roman d’Émile Gaboriau : Monsieur Lecoq qui paraît en feuilleton dans le Petit Journal.

1872 : Les caisses de l’État étant vides suite à la guerre franco-prussienne et à la Commune, le gouvernement décide de fortes taxes sur l’absinthe.

1874 : Nouvelles taxes sur l’alcool qui frappent particulièrement l’absinthe.

1876 : Émile Zola et Egar Degas donnent la même année le roman et le tableau éponymes de la saga de l’absinthe. Les auteurs du manuel de littérature Lagarde & Michard ne s’y tromperont pas en illustrant des extraits de l’un avec l’icône du Musée d’Orsay.

1880 : Le croira-t-on ? Surfant sur la vogue des « camomilles », de malicieux journalistes ont même intitulée L’Absinthe – Journal Apéritif, une éphémère gazette consacrée à la gastronomie.

1882 : Poursuivant la veine d’Alexandre Pothey, Charles Leroy (beau-frère d’Alphonse Allais) achève avec sa nouvelle : Le Colonel Ramollot à l’Opéra (journal Le Chat Noir du cabaret montmartrois homonyme) la silhouette définitive du militaire voué à la « Némésis de l’orgie ». Cette nouvelle au succès immense sera suivie de bien d’autres sous peu réunies en recueils...

1884 : A. Froemer acte avec son article :La maison Pernod et l’histoire de l’absinthe (Le Panthéon de L’Industrie) la gloire de la firme Pernod. Il est immédiatement suivi par ses confrères Turgan et Pichod qui éditent l’opuscule : Les grandes usines - Fabrication de l’absinthe à l’usine Pernod-Fils à Pontarlier (Doubs) (Librairie des dictionnaires, 1885 puis 1886).

1884 : Le ballet de Charles de Sivry (beau-frère de Paul Verlaine et un des pianistes du Cabaret Le Chat Noir) : L’absinthe et le cidre est joué 120 fois aux Folies-Bergère de Rouen.

1885 : Apparition des enfants dans les oeuvres graphiques de Jean-François Raffaëlli et de Jean-Louis Forain mettant en scène des buveurs d'absinthe.

1885 : Dans sa nouvelle Absinthes (journal Le Chat Noir), Alphonse Allais évoque une « grille » pour prendre l’absinthe et donc pas une cuillère ajourée. Comme les brouille-absinthe, les grilles sont antérieures à l’apparition des cuillères ajourées.

1885 : Dans sa nouvelle L’absinthe ironique (journal Le Chat Noir), George Auriol évoque de la « gomme » pour allonger son absinthe et point de sucre.

1888 : Dans le journal le Courrier Français, Louis Legrand signe le premier dessin humoristique où figure une pelle à absinthe spécifique et un morceau de sucre.

1889 : Multiplication des cuillères ajourées lors de l’Exposition Universelle de Paris et notamment en forme de Tour-Eiffel laquelle est le clou de cette exposition.

1889 : C’est vraisemblablement aussi pour l’Exposition Universelle de Paris qu’Étienne Picon & Edouard Pastore (négociants à Marseille) font imprimer la première affiche de grand format pour vendre absinthes et amers.

1890 : Las de voir l'absinthe constamment décriée comme une boisson toxique, les distillateurs d’absinthe se lancent dès le début des années 1890 dans une véritable course à l'hygiène pour tenter de modifier cette funeste image de marque. Il est dès lors passionnant de suivre les développements chronologiques sur les affiches et les étiquettes, des réponses des brûleries aux attaques « scientifiques » ou « politiques ». On court de « l’Absinthe garantie sans badiane ni aucun toxique » (Cousin Frères - Francbourg près Pontarlier) au « Vin Pernod, sans absinthe, parfumé à l'anis » (1915), et l'esprit d'invention comme la surenchère (ou la mauvaise foi) publicitaires sont surprenants.

1891 : Première publicité comparative sur une affiche publicitaire de grand format entre le Saint-Raphaël Quinquina (Consommation Hygiénique, Un verre avant chaque repas c'est un brevet de longue vie) et l’absinthe. Lancé par le docteur Adhémar Juppet (Lyon), Saint-Raphaël Quinquina (vin, quinquina, zestes de citron et d'oranges amères, racines de calumba plus diverses baies et plantes) est la marque de quinquina, qui depuis 1845, s’est posée en rivale de l’absinthe notamment sur le terrain des « boissons hygiéniques ».

1892 : L’Absinthe Terminus (Lyon et Pontarlier) s’autoproclame à son tour « Bienfaisante » sur une grande affiche pour répondre aux détracteurs de l’absinthe. La badiane, la coriandre ou la tanaisie ont-elles été supprimées de sa recette ? La firme n'en souffle mot.

1892 : Les recherches plus ou moins scientifiques pullulent dont Charles Cadéac et Albin Meunier : Recherches expérimentales sur les essences – Contribution à l’Etude de l’Alcoolisme (Asselin & Houzeau).

1893 : Avant Sarah Bernhardt et Constant Coquelin, Dailly ou Polaire, Réjane est la première vedette théâtrale à figurer sur une grande affiche vantant l’absinthe : L’Absinthe Terminus - C'est mon péché mignon ! Il est amusant de relever qu’un des plus gros succès à la scène de Réjane est précisément son inoubliable création de Germinie Lacerteux, en 1888, une domestique trop portée sur les boissons fortes...

1893 : Les premières Fontaines-Glacières Mobiles apparaissent entre 1893 et 1896. Soupesons les termes : « Fontaines-Glacières ». Il s’agit donc d’adjonction d’eau « et » de glace.

1895 : Le peintre Albert Maignan montre en « tailles réelles » une fée verte labourant le crâne d’un poète maudit dans son fascinant tableau : La muse verte (175x115 cm) conservé au Musée de Picardie d’Amiens.

1898 : Grande première : l'absinthe est interdite au Congo Belge.

1900 : La première bande cinématographique mettant en scène l’absinthe est La bonne absinthe - Scène comique d'Alice Guy, une production Léon Gaumont moins dramatique que la seconde : Les victimes de l’alcoolisme, film de Ferdinand Zecca (1902) (Pathé) d'après le best-seller L'Assommoir d'Emile Zola.

1906 : Grande première bis : l'absinthe est interdite en Belgique.

1907 : Le 14 juin, la direction du journal Le Matin, chauffée à blanc par les révoltes du Midi Rouge, organise un meeting sans précédent contre une boisson, au Trocadéro (Paris) et aux cris de : « Tous pour le vin, contre l’absinthe ! » La France, pays culturellement acquis à Bacchus depuis des siècles, se méfie tant de la Fée verte que du Gambrinus de l’Est...

1908 : Edmond Couleru, procureur de Pontarlier signe la première enquête véritable sur l’histoire de l’absinthe : Au pays de l'absinthe, y est-on plus criminel qu'ailleurs ou moins sain de corps et d'esprit ? Un peu de statistique, s.v.p... (Préface d'Yves Guyot) (Société Anonyme d’Impression Montbéliardaise). Mille exemplaires sont imprimés pour un coût de 1200 F. La subvention de la Mairie de Pontarlier fut de 200 F.

1909 : Le peintre Philippe Zacharie présente au Salon, L’Absinthe ou L’Alcool rend fou qui montre un double crime provoqué par l'abus d'absinthe (Musée des Beaux-Arts de Rouen). C’est une commande de la Ligue Nationale contre l’Alcoolisme à l’artiste.

1910 : Le peintre René Vauquelin décrit un suicide provoqué par l'excès d'absinthe (Musée de Pontarlier).

1910 : La bleue est prohibée en Suisse le 7 octobre 1910 à minuit.

1915 : L’absinthe est interdite en France le 16 mars 1915. Elle l’était déjà dans certains départements ou régions militaires.

1944 : Robert Fernier est le principal artisan de la première exposition consacrée à l'histoire de la "Mère des Apaches" : Feu l'Absinthe, présentée dans le cadre du XXe Salon des Annonciades à la Chapelle des Annonciades de Pontarlier.

1950 : Ernest Hemingway évoque merveilleusement l’absinthe dans sa nouvelle : L’Étrange contrée (The Strange Country) écrite vers 1950 et parue dans The Complete Short Stories of Ernest Hemingway (New York, Charles Scribner's Sons, 1987) (Paris, Gallimard, 1995). L’action de cette nouvelle se situe en Amérique du Nord, vers 1937.

1960 : Joseph Montavon et Pierre Bichet présentent le Char Absinthe (clandestine), le 7 août 1960, à la Fête de l’Amitié Franco-Suisse de Saignelégier (Canton du Jura).

1977 : Char fleuri et ironique : Messieurs, c’est l’heure ! à la 72ème Fête des Vendanges de Neuchâtel en septembre...


Merci au Musée de Pontarlier, à la Bibliothèque de Montperreux, aux Archives de Pontarlier,
à Éric Coulaud, Michel Dixmier, Peter Schaf, François Bezençon, Catherine Brun, Michel Cuenot, Michel Paul,
David Nathan-Maister, Marc Thuillier, Yannick Prodhomme,
Patrice Roussel, Véronique Herbaut et Rémi Noël.
Marc
Citation (Xmas @ Mar 16 2015, 02:26 PM) *
Qu’on me pardonne la chronologie suivante un peu scolaire

J'aime bien justement ce côté scolaire, c'est simple et concis smile.gif
alanmoss
Tres interessant.

J'ai trouvé assez recemment un application Google: Ngram qui analyse l'utilisation historique des mots dans les livres.

J'ai fait une petite analyse des mots "absinthe" et aussi "pastis" sur Ngram. On voit que les auteurs francophones ne citent pas absinthe tres souvent depuis l'interdiction, et meme pas maintenant. Mais ils citent "pastis" meme moins.

Interessant a voir une representation graphique de ce que Benoit montre en mots. Il y a une correspondance, peut-etre.

Cliquez pour voir le fichier-joint


Marc
Sympa cette application.
On voit clairement le grand pic au moment de l'interdiction.
Xmas
Les grands esprits se rencontrent. Alan Moss dont je resaisis l'occasion de recommander l'excellent Blog a écrit :

J'ai trouvé assez recemment un application Google: Ngram qui analyse l'utilisation historique des mots dans les livres.

Il se trouve que le professeur Henri Béhar, spécialiste du surréalisme, d'Alfred Jarry et deux ou trois autres choses a reproduit ce graphique
dans sa communication : L'Herbe sainte, l'absinthe de tout bouquet dans les Actes du 16è Colloque des Invalides (2012) édités
par le Lérot (Tusson en Charente) en 2013.

Henri Béhar avait également donné l'originale synthèse : La Fée verte ou l'absinthe de tout bouquet dans Écriture et maladie (Arlette Bouloumié et al.) (Paris, Imago, 2002), texte repris dans La littérature et son golem (Paris, Garnier, 2010).

Recommandons aux chercheurs les bases de données Frantext et Idref sans oublier Gallica.

Benoît NOËL (pardon... Xmas !)
Ceci est une version "bas débit" de notre forum. Pour voir la version complète avec plus d'informations, la mise en page et les images, veuillez cliquer ici.
Invision Power Board © 2001-2020 Invision Power Services, Inc.