| Plantes de l’Absinthe II – La Culture à Pontarlier |
| Bien que l’anis vert soit cultivé essentiellement en Espagne et dans le sud de la France, et que le fenouil de Florence provient d’Italie, les 4 autres plantes principales composant une absinthe de Pontarlier sont toutes cultivées dans la région : la grande absinthe (Artemisia Absinthium), la petite absinthe (Artemisia Pontica, ou absinthe Romaine), la mélisse (connue sous le nom de citronnelle) et l’hysope. La grande absinthe est l’ingrédient distinctif qui donne à l’absinthe son caractère unique et qui peut être trouvé à l’ état sauvage sur les bords de routes dans la région du Doubs ainsi que sur les flancs des montagnes environnantes. Avec la récente renaissance et la re-légalisation de l’absinthe, ainsi que les besoins croissants des distilleries François Guy et Emile Pernod de Pontarlier, elle est une fois de plus cultivée à l’échelle commerciale, et plusieurs nouveaux champs sont en production. A côté de cela, de plus petites plantations commerciales ont aussi commencé la culture des 3 plantes caractéristiquement utilisées dans la coloration : la petite absinthe, la mélisse et l’hysope. Il semble approprié de citer ici un extrait de l'"Éloge de la très précieuse liqueur d’Absinthe", d’Ernest Tisserand de 1922, un mémoire élégiaque de la période absinthe : Il n’est pas de nom plus doux que deux des plantes dont se distille la clémente liqueur. Et je ne sais au monde plantes plus vivides et plus fières. C’est la fleur même de l’hysope nerveuse, le fenouil où se grillent les surmulets des rois, la mélissa qui rend des couleurs aux femmes pâmées, l’anis qui fait les nourritures retentissantes, l’ angélique qui met des bâtonnets de joie dans le pain d’épices des enfants, la badiane que les mandarins cultivent comme les hollandais font leurs tulipes, la coriandre qui blanchit la salive, la menthe qui boute l’amour, l’origan qui fait briller les yeux des pucelles, et c’est l’absinthe enfin, la grande absinthe out la petite, parure chaste des montagnes et des rivages marins, fille des grand vents purs, blé des espaces vierges, emblème de la liberté farouche. |
| Un autre champ nouvellement planté, à la lisière de la zone industrielle de Pontarlier. Afin de conserver l’humidité et d’éviter les mauvaises herbes, les jeunes plants sont élevés sous des baches de plastique noir. Cliquez sur les images pour agrandir. |
| A La Rivière Drugeon, hors de Pontarlier, l’absinthe pousse à l’état sauvage sur les bords des jardins et des routes. Ceux-ci sont des plants adultes en bourgeons, en terme commercial ‘prêts pour la récolte’. Cliquez sur les images pour agrandir. |
| Le magnifique et délicat plant de petite absinthe, plus petit à tous les égards que son célèbre cousin, et plus difficile à cultiver, tant le plant est peu vigoureux. Beaucoup moins amer que la grande absinthe, il est principalement utilisé dans l’étape de coloration. Cliquez sur les images pour agrandir. |
| Jeunes plants de mélisse – de la famille des lamiacées. Cliquez sur les images pour agrandir. |
| Une autre plante pour la coloration de l’absinthe – l’hysope. Il en émerge de petites fleurs bleues lorsque les plants deviennent adultes – signe que les tiges sont prêtes pour la récolte. Cliquez sur les images pour agrandir. |